Louis Foucard

  • Citation de Frédéric Mistral

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A la fois auteur, musicien, comédien, poète, chanteur et machiniste, Louis Foucard fut un artiste de théâtre complet, très apprécié du public marseillais.

Louis Foucard Louis Marius Foucard est né le 9 novembre 1852 à Marseille dans le quartier de la Plaine. Il commence par faire des études pour devenir séminariste. La mort soudaine de son père à la suite du choléra l’oblige à y renoncer et à chercher du travail. Il devient pianiste puis clerc de notaire.
Dans les années 1870, il succombe à la tentation du théâtre en devenant comédien.

Il y fait des débuts remarqués en jouant notamment dans des pastorales et des comédies. Au fil des années, son jeu de comédien s'étoffe et il commence à écrire ses propres pièces.

Ses spectacles comprennent des monologues (en français ou en provençal), des saynètes, des chansonnettes, des fables morales et des imitations. Le travestissement fait également partie du jeu de l’artiste;
son personnage comique de la partisane ou de la poissonnière marseillaise auquel il prête ses traits et qui a son mot à dire sur tout, y compris sur la vie sociale et politique de Marseille, est un immense succès. Le public marseillais est conquis par son talent et sa drôlerie.

En 1881, il crée le teatre de Titeis, un théâtre de poupées mécaniques, de caractère local, qui lui permet à travers des situations comiques de dresser une satire fine de la société marseillaise. A Marseille, sa première représentation aura lieu dans la salle Revello.

En 1889, il crée une crèche mécanique qu’il monte dans des salles marseillaises, telles que les anciens Salons Pains (situé rue de l'Arsenal), ou chez des particuliers. Cette crèche met en scène plus d’une centaine de petits personnages mécanisés, héritiers des santons provençaux.

Les tournées qu’il entreprend dans tout le Midi, mais aussi à Lyon et à Paris renforcent sa notoriété.

Il se produit également dans les cercles aristocratiques et bourgeois de Marseille et écrit des articles dans des journaux provençaux comme Le Soleil du Midi ou L’Aïoli.

L'année 1899 est certainement l’année la plus féconde pour l'auteur qui commence à présenter des spectacles dans une baraque en bois démontable nommée Salon-Théâtre Foucard.
Située le plus souvent à la foire Saint-Lazare durant les mois d’août et de septembre, on pouvait également la retrouver aux Allées des Capucins en décembre à l’occasion de la foire des santons.
Le succès est de nouveau au rendez-vous et va le demeurer pendant plus d’une décennie avec des pièces de moeurs locales comme Marseille au Cabanon, Une Noce à San Janen ou encore Misé Miette au Japon (1904).

En octobre de la même année, pour le 25ème centenaire de la fondation de Marseille, sa cantate en provençal, mise en musique par le compositeur Tricon, est récompensée par la Médaille d’or de la Ville.

En novembre, il devient directeur du théâtre Chave et à l’occasion des fêtes de Noël, il crée une pastorale qui obtient un immense succès, à tel point que les séances seront prolongées jusqu'à la mi-février.

Vers 1910, sa popularité commence à décliner. Il faut dire qu’un nouveau loisir, le cinéma, est apparu entre temps. Son ascension va de pair avec la baisse de fréquentation du public pour les salles de théâtre.

Louis Foucard meurt le 16 avril 1915 à la suite d'une congestion cérébrale, il était âgé de 65 ans.

>> Source image: Revue universelle, Paris, 1901, p.644, illustrant un article écrit par M. Philippe Auquier, intitulé Provence Gallica

Louis Foucard

La crèche provençale

Les représentations de la Crèche Provençale ont retrouvé le grand succès qu’elles avaient déjà obtenu devant le public marseillais.

Rien de gracieux, en effet, comme ce spectacle qui s’inspirant de nos bonnes et saines traditions provençales revêt un caractère touchant dans sa naïveté. Le sympathique directeur, M. Foucard, s’est attaché à compléter ce qu’il avait déjà si bien commencé l’an dernier. De fort beaux décorts peints par l’habile peintre J. Rimbaud, de nombreux personnages mécanisés apportent à la pièce un nouvel attrait.

Nous ne parlons que pour mémoire du poème qui ne laisse rien à désirer par l’intérêt qu'on prend à suivre les diverses scènes qui le composent écrites toutes dans un style parfait et avec un tact qui dénote bien le sentiment croyant autant qu’artistique de l’auteur. C’est bien la Pastorale comme on la comprenait autrefois; et en voyant s’agiter ces charmants petits bonshommes qui chantent avec entrain nos beaux noëls, qui disent de si amusantes choses dans la lylle- langue de nos pères, on se croirait pour quelques instants revenu dans le bon Marseille d’autrefois.

M. Foucard a malheureusement à lutter contre l’influenza qui agit terriblement sur l’industrie des spectacles et pour satisfaire au désir de nombreuses familles qui craignent d'exposer leurs enfants à l’humidité de la soirée, il nous fait savoir que jusqu’à nouvel ordre, il ne donnera ses représentations dans le local, rue Tapis-Vert, 22, que les jeudis et dimanches après-midi, à 2h. 1/2. Ajoutons que pendant les autres jours, M. Foucard se tient à la disposition des personnes qui désireraient des représentations particulières soit à domicile, soit dans le local ci-dessus désigné.

Nous engageons vivement les pensionnats, les sociétés, les familles à profiter d’un spectacle qui fait la joie de tous, grands et petits.

JournalLa Vedette, 19 août 1899 - Source: Gallica

Salon-Théâtre Foucard

Parmi les attractions de la foire St-Lazare se prépare en ce moment sur la Plaine, un coquet théâtre; les curieux l’entourent en se demandant quel spectacle peut s’y donner. Nous pouvons leur répondre que c’est l'amusant Foucard si aimé des familles marseillaises et le charmeur de nos salons, Foucard qui a eu l’heureuse idée d’installer à la foire un spectacle des plus divertissants que chacun voudra et pourra voir, car le nom seul de l'aimable auteur dit à l’avance la délicatesse et la stricte convenance de ses productions; c'est sans arrière-pensée que tous grands et petits iront s’esbaudir aux représentations de Marseille au Cabanon, pièce de moeurs locales, tableau piquant entremêlé d’air joyeux où Foucard, qui tient le principal rôle, a donné libre cours à son esprit, à sa verve et à son talent de fine observation.

Ajoutons que le sympathique directeur s’est attaché une troupe d’artistes de choix sur le mérite desquels nous aurons à revenir.

Ne retenons pour aujoud'hui que le nom de Mlle Myrtille dont la voix fraîche et cristaline enchantera le public. De merveilleux clowns musicaux, Manzoli et Nataline, un prestidigitateur de grande valeur, un peintre humoristique, etc., sont chargés des intermèdes.

En somme, le Salon-Théâtre de Louis Foucard sera l’une des plus agréables distractions de la foire et en félicitant notre ami pour son ingénieuse tentative, nous lui souhaitons la réussite à laquelle il a droit.

JournalLa Vedette, 19 août 1899 - Source Gallica

La Pastorale de Foucard

Nous ne saurions trop souligner le succès de plus en plus croissant qu’obtient l’oeuvre de notre spirituel confrère. C’est bien la Pastorale traditionnelle appelée à faire la joie des enthousiastes de nos moeurs locales. Tout est nouveau, tout est intéressant dans cette pièce, que l’habile artiste-auteur a écrite avec cette verve et cette fécondité dont il est coutumier. Le poème est une grâce; la musique, une merveille. Ils se déroulent dans des situations tour à tour exhilarantes ou émues, et au milieu d’une savante mise en scène. Mais il faut insister aussi, sur le mérite des interprètes de l’ouvrage. La troupe de Foucard n’est certes pas composée de simples amateurs sans talent, et il est impossible de ne pas se souvenir que les artistes qui y figurent sont pour la plupart des maîtres du genre.

Tels: Portal, le légendaire comique, Reitour, le fin meunier, Rémy, le jovial fermier, Delmonte, l’hilarante vieille, etc. Allez entendre Mlle Foucard, si touchante dans son rôle d’aveugle, Aillaud, le joyeux chasseur, Décléry et Lavie, les bohémiens à la voix superbe, Durbec, Pascal, etc. Ajoutez à cette vaillante phalange, notre Foucard avec son mérite si incontestable, et soyez assurés que la Pastorale du théâtre Chave est une de ces saines et joyeuses distractions, qu’on apprécie avec un véritable enchantement.

JournalLa Vedette, 20 janvier 1900 - Source Gallica

Pierre Echinard, Marseille au quotidien, chroniques du 19ème siècle ,Edisud, Aix-en-Provence, 1991

Ginette Marty, La revue et la chanson marseillaises dans le cadre du colloque de la Sainte-Baume, novembre 1983 - Source afas.revues.org

Giorgio Cassone, Louis Foucard, un marseillais de Marseille, mai 2013 - Source f.hypotheses.org